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Et vous, ça va le déconfinement?

Le déconfinement va bon train, de plus en plus de personnes sont vaccinées. La lumière au bout du tunnel se fait particulièrement éclatante, et on aime ça.


Même si le déconfinement vient avec une quantité infinie de joies, il demeure toutefois la possibilité pour certains de vivre pas mal d’anxiété liée au retour à la normale. En tout cas, j’avoue que c’est vrai pour moi.


Mon plus grand bonheur en lien avec la fin du confinement, c’est de pouvoir voir ma famille et mes amis aussi souvent que je le désire. Un autre grand bonheur : le retour des spectacles, de la vie culturelle.


Je veux quand même parler du downside du déconfinement parce qu’il y a une phrase qui revient souvent à mes oreilles et qui me fait un peu grincer des dents : « C’est pareil pour tout l’monde ».


C’est vrai, on a tous vécu la pandémie. Par contre, ce n’est pas vrai que tout le monde l’a vécue de la même façon, et quand vient le temps de déconfiner, ce n’est pas vrai que tout le monde réagit de la même manière aux foules, au retour du travail au bureau, à la possibilité d’être invité à des événements sans avoir la possibilité de sortir une excuse pandémique pour refuser. Certains auront encore peur du virus. Certains se verront confrontés à une anxiété nouvelle, d’autres à une anxiété endormie.


En tant que personne qui deal avec un diagnostic d’anxiété (sociale, performance) depuis plusieurs années, et ce, bien avant la pandémie, le confinement était pour moi une accalmie : un bon nombre de stresseurs a disparu de mon quotidien du jour au lendemain, et dès les premières semaines, j’ai craint le retour à la normale. Pourquoi? Parce que la seule vraie bonne façon de gérer l’anxiété dans mon cas, à part la sertraline et le sport, c’est de pousser constamment mes limites. Je savais que ma zone de confort allait devenir trop douillette, que de me remettre dans des situations anxiogènes après une longue période de chouchoutage serait ardu, voire souffrant.


Pour ma part, la première fois que je suis allée dans un parc, après la pandémie, la première fois que j’ai revu plusieurs personnes à la fois d’un coup, je ne me sentais vraiment pas bien. J’avais le cœur qui skippait des beats, je me sentais à fleur de peau, ultra vulnérable. J’étais sincèrement contente de voir les gens, mais ça me remettait aussi dans la face à quel point je me sens petite dans les situations sociales, à quel point je perds mes mots, à quel point je me perds dans ma tête, dans le brouillard opaque de choses pas fines que je me dis qui m’empêche de profiter de la présence des autres, d’écouter attentivement, de suivre une conversation.


De plus, aussi contradictoire que cela puisse paraître, même si la musique me fait vibrer, même si rien ne me passionne autant, j’ai passé les deux ou trois dernières semaines à angoisser en pensant aux spectacles que j’allais faire dans un futur proche. J’étais terrorisée. J’ai pleuré beaucoup, j’ai mangé mes émotions et je me sentais coupable de me sentir comme ça. J’ai perdu toutes formes d’inspiration, je n’avais pas envie d’écrire et j’avais même du mal à pratiquer pour mes shows. J’avais de la misère à en parler parce que je me sentais ridicule d’avoir l’impression de mourir en dedans parce que j’allais faire ce que j’aime le plus au monde.


J’ai fini par en parler à ma thérapeute et à ma meilleure amie. J’ai accepté tous les feelings étranges en dedans de moi, j’ai pleuré encore, mais surtout, j’ai opté pour la douceur, la bienveillance et je me suis donné des minis objectifs à la place de voir tout ça comme une montagne. Et aussi, je me suis rappelé que je fais de la musique parce que c’est le fun. Et que les gens qui allaient écouter seraient là parce qu’ils veulent passer un bon moment (et non me juger, t’sais).


Alors encore une fois, j’ai envie de faire un appel à la bienveillance : envers vous-même et envers les gens qui vous entourent. Les troubles de santé mentale, ce n’est pas toujours apparent. Mais même si c’est invisible, ça ne veut pas dire que ce n’est pas là. Et parfois, le fait de généraliser, de verbaliser que les situations se vivent de la même manière pour tout le monde, c’est un peu comme amoindrir ce que vit la personne souffrant d’un trouble de la santé mentale. Ce n’est pas tant de marcher sur des œufs constamment pour ne blesser personne, mais plutôt de montrer une ouverture aux différentes possibilités.


Je vous laisse avec deux images : la première vient de la page Monknotion (https://www.instagram.com/p/CQYlSiVlGJq/?hl=fr-ca) et la deuxième image, de la page Humain avant tout (https://www.instagram.com/p/CNhvNjnnPu6/). Bonne semaine!




 
 
 

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2 Comments


dhubert14
dhubert14
Jul 07, 2021

Pour moi l'anxiété est apparu après le décès de mon épouse. Je me suis tellement occupé d'elle, que je m'étais oublié quelque part. Le deuil à été chose facile, mais savoir ce que moi j'aimais, je ne le savais plus. Juste à me demander ce que j'allais faire de mes journées m'engoissais. J'ai rencontré plusieurs intervenants afin de régler mon anxiété, mais peu on donné de bon résultats. Le seul qui m'a permis de progresser, est un coach de vie.


Mais l'anxiété restait présent. Le retour vers les activités comme la randonnée, le vélo et la musique mon aidé, sans pour autant aplanir ma vie. J'ai fais beaucoup de temps supplémentaire, pour combler le vide qui me faisait peur. Jusqu'au…


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Amélie M-B
Amélie M-B
Jul 08, 2021
Replying to

Merci pour ton partage, Daniel. C'est toujours un plaisir de te lire, ça ajoute de la perspective à mes réflexions. Et c'est bon de lire que ta vie actuelle est la période la plus belle pour toi. :) Passe une belle journée! Merci de me lire. :)

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© 2020 par AMÉLIE.

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