Question de perception
- Amélie M-B

- May 26, 2021
- 3 min read
Septembre 2019 : je n’avais jamais été aussi fit de ma vie. Je m’entraînais pour un triathlon, j’allais me marier, je rentrais à l’École nationale de la chanson. J’avais le vent dans les voiles et j’étais en forme.
J’avais perdu 25 lb, j’étais dans mon poids santé, je m’entraînais tous les jours et je mangeais très bien. Je recevais beaucoup de compliments : « Wow, t’es toute petite, t’es toute belle ». Compliments bien intentionnés et gentils en soi qui peuvent pourtant créer quelque chose d’étrange dans le cerveau. Je m’explique.
Pour ma part, je ne me voyais pas mince ni belle. Les compliments me flattaient le poil dans le bon sens, mais ma vision de moi n’était pas celle des autres. Et surtout, quand j’ai repris du poids avec le retour aux études, je me sentais vraiment nulle et beaucoup moins jolie. (À noter que je parle de ma perception erronée et non d’insultes reçues. Personne n’a été méchant avec moi, sauf moi.)
Avec le retour aux études, j’ai dû recommencer à composer avec mon anxiété qui se manifeste surtout en groupe et lors des situations où je dois « performer ». Ma manière de gérer : faire des trips de bouffe toute seule dans mon petit appartement en forme de carré et tout faire dans l’excès (les achats, l’alcool, la nourriture, bref des récompenses qui durent deux secondes pour me sentir mieux temporairement).
Après, y’a eu la pandémie. Mes comportements se sont poursuivis sous le regard consterné de mon mari qui me voyait manger deux à trois fois plus que lui. Et comme je me sentais coupable, je mangeais encore plus quand il n’était pas là. Je parle au passé, mais ça m’arrive encore. Work in progress.
Inutile de vous dire que j’ai repris tout le poids perdu un an plus tôt, et même plus. J’ai essayé de me remettre dans le mindset de 2019, mais ça ne fonctionne pas. Les temps sont différents par contre et c’est difficile pour tout le monde, je me le répète souvent.
Je ne reçois plus de compliments pour me féliciter de ma perte de poids. Encore là, ce n’est pas mal intentionné de la part des gens : je suis juste pu mince. Pourtant, les gens ne m’aiment pas moins et ne me trouvent pas plus laide. C’est juste qu’il faut que je me le rappelle souvent. t'sais.
Ce que j’essaie de dire, c’est que l’Amélie de 2019 n’est pas plus ou moins worthy que l’Amélie de 2021. Il y a deux choses à considérer ici :
Amélie devrait connaître sa propre valeur et ne pas avoir besoin des autres pour la valoriser. (Je me trouve drôle de parler de moi à la troisième personne du singulier. Ce qui est bien, c’est que tu peux remplacer mon prénom par le tien si le chapeau te va bien.) Tout est dans la perception, le regard que l’on pose sur la situation. Pour ma part, mes comportements sont souvent excessifs et non calibrés sur ce qui est vraiment important. En 2019, oui, j’étais en shape. Ce que moi je voyais : une fille qui pouvait encore perdre et qui pouvait être plus en forme. Ce que j’aurais dû voir : une fille en santé. Le sport, c’est bon pour la santé mentale et physique. Y’en a qui trouve ça le fun aussi. Mais en tout cas, la fonction première du sport, ce n’est pas de nous rendre cute à la manière des stéréotypes. En 2020-2021, j’étais plus stressée. J’ai utilisé la nourriture pour compenser à la place de la voir comme un carburant pour avancer. Au fond, dans la vie, Amélie devrait manger à sa faim et bouger pour être en santé. POINT. C’est correct d’avoir des objectifs sportifs, des objectifs de poids santé, tant qu’il y a de l’équilibre, tant qu’Amélie ne tombe pas dans l’obsession, t’sais. (Pis? As-tu remplacé mon prénom par le tien? Ça te parle-tu?)
Apprenons à faire différents types de compliments : c’est gentil de dire aux autres qu’ils sont beaux, je le fais tout le temps. Mais les compliments n’ont pas toujours à être liés à l’apparence. J’ai trouvé les images ci-dessous sur Instagram et je les trouve bien inspirante. C’est une autre manière d’être doux et bienveillant envers nos proches. Car on ne connaît pas leur rapport à leur corps, à leur image.
Je vous parle de tout ça parce que je travaille à trouver mon équilibre au quotidien et que je sais que je ne suis pas seule à vivre ça. C’est important d’en parler, de notre santé mentale.










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