Je procrastine, tu procrastines, nous procrastinons
- Amélie M-B

- Mar 7, 2021
- 3 min read
La procrastination, cette petite bibitte qui porte un drôle de nom.
Mettons les choses au clair : remettre à demain ce qu’on pourrait faire aujourd’hui, ça arrive à tout le monde. En tout cas, je l’espère sincèrement parce que ce n’est pas nécessaire d’être ultra efficace tous les jours de notre vie. C’est normal d’être fatigué une journée de temps en temps, de se sentir moins motivé ou de juste trouver la tâche à faire vraiment inintéressante. Quand ça arrive, plutôt que de se culpabiliser, on pourrait simplement l’accueillir, faire ce qu’on a envie de faire pour mieux revenir à la tâche ensuite.
Mais ce dont je veux parler, c’est de la procrastination qui vient de plus loin qu’une fatigue passagère, celle qui revient trop fréquemment parce qu’on n’a pas soigné nos bobos. Je veux parler de la procrastination qui se pointe le bout du nez sournoisement lorsque vient le temps de travailler sur nos rêves, les projets qui nous tiennent vraiment à cœur. Si c’est récurrent, ça vaut la peine de creuser pour voir d’où ça vient.

Je jasais justement avec un ami qui associait la procrastination à la peur de se lancer. Cette discussion m’a amené à réaliser que je procrastine souvent parce que j’ai la frousse : peur que mes efforts soient vains, peur de ne pas réussir, peur de créer des trucs moches, peur d’être jugée, etc. Alors ce qui peut m’apparaître comme un manque de motivation ou même comme de la paresse est en fait de la peur, une émotion qui a le pouvoir de nous figer sur place.
Petite parenthèse : pour ce qui est de la paresse en corrélation avec la procrastination, je confirme que ça n’a aucun lien (selon l’observation de ma petite personne seulement, ce qui n’est pas très scientifique – vous pouvez me contredire en commentaire, haha). En tout cas, pour ma part, je me rends compte que je fais souvent 100 000 autres choses que ce que je suis supposée être en train de faire. Donc, par définition, je ne suis pas paresseuse puisque je suis ultra active. Je ne mets juste pas l’énergie où ça importe dans le moment.
Pour dealer avec la peur, j'apprends à relativiser : quelle est la pire chose qui pourrait arriver s'il n'y a pas de retombées/si les gens n'aiment pas ça/si je ne suis pas fière du résultat/si je rencontre un échec/etc.? La réponse la plupart du temps : rien de bien grave. Le monde va continuer de tourner et je serai entrée en action, ce qui est une bonne chose en soi.
Il y a aussi ces moments où l’on est confronté à l’impression d’être devant une montagne, ces moments où l’on ne sait pas par où commencer. Ça peut être assez anxiogène et nous pousser à procrastiner. Ça m’arrive souvent. À force de me gérer moi-même, j’ai réalisé que ce qui m’aide, c’est de décortiquer l’objectif final en mini-objectifs facilement atteignables. Vous connaissez les objectifs SMART? C’est une bonne manière de se motiver et de couper le mont Everest en petites collines.

Bref, la procrastination peut venir de loin, et ici je parle surtout de celle par rapport aux projets qui nous font vibrer. J’ai envie de vous rediriger vers le billet d’un autre blogue, Creabujo, où l’on parle également des vraies raisons pour lesquelles on procrastine. Le manque de clarté et l’ennui y sont entre autres mentionnés, ce qui me fait penser au S et au A des objectifs SMART (specific et achievable).
Pour conclure, je termine sur une réflexion : l’affaire, c’est que, à force de ne pas faire par peur de tomber, on s’empêche de vivre de maudites belles expériences. Et, j’aime bien le répéter : c’est correct de créer des choses nulles! En plus, le nul de l’un est souvent le magnifique de l’autre, et vice versa. Bonne création à tous!


J'ai également appris à relativiser. Une chose qui m'a aidé, c'est définir ce qu'est pour moi (et non pour la société, les autres) la réussite, le bonheur, l'échec (est-ce que ça existe ? ) et surtout, mes valeurs... Bref, oui, procrastinons une fois de temps en temps.C'est pour ça que des fois sur mon blogue je dis que travailler sur autre chose que nos projets principaux peut faire du bien. Et puis, écrire ou composer, ça se fait aussi en marchant, en faisant le ménage, en lisant un livre, en réfléchissant, en observantl le monde autour... Anyway :)