Réapprivoiser la solitude
- Amélie M-B

- Mar 27, 2021
- 3 min read
Enfant, j’étais une fillette très solitaire. Mes parents ne pouvaient pas m’envoyer dans ma chambre pour me punir : c’était un de mes endroits favoris et j’y passais un temps fou à écrire, dessiner, lire, inventer de nouveaux langages.

En vieillissant, surtout avec les garçons, j’ai développé une espèce de dépendance. Adolescente, et même lorsque j’étais une jeune adulte, je m’attachais très rapidement et je ressentais le besoin d’avoir des relations ultra fusionnelles. J’étais entourée, tout l’temps, et je voulais de l’amour, beauuucoup d’amour. Hahaha, ça me fait un peu rire maintenant quand j’y pense. Vous comprendrez qu’entrer en relation avec ce mindset-là, ce n’est pas nécessairement la meilleure manière de vivre des relations amoureuses saines.
Quand j’ai rencontré le gars qui est devenu mon mari, j’étais encore un peu là-dedans. Je savais que j’avais besoin d’être seule (parce que j’avais toujours quelqu’un dans ma vie depuis mes 15 ans, que ce soit des relations sérieuses ou des amours passagères, d’une nuit ou plus). Lui, il voulait vraiment essayer, moi j’étais terrifiée. Comme on vivait une relation à distance (j’étudiais à Sherbrooke, j’habitais à Montréal, et lui était à Arundel), ça a installé un type de relation assez différent, où on vivait des vies en parallèle qui se recoupaient la fin de semaine. Il vivait très bien avec ça; pour moi c’était très effrayant. J’avais de la misère à comprendre qu’il puisse ne pas s’ennuyer de moi plus que ça. Pour moi, ça voulait dire qu’il ne devait pas m’aimer tant que ça alors qu’en fait, il m’aimait probablement plus que l’on ne m’avait jamais aimé, et ce, pour les bonnes raisons. Il a même eu l’occasion de me voir paniquer à quelques reprises et lui, à la place de partir en courant comme j’y étais bien habituée de la part des garçons quand je me montrais moins cute, il me rassurait. Bref, j’ai fini par comprendre que ce genre de relation avait bien du bon sens. Et comme il est plutôt solitaire, j’ai réapprivoisé mon indépendance et ma propre solitude.

C’est un méchant beau cadeau qu’il m’a fait (et que je me suis fait par la même occasion) parce que j’ai maintenant le sentiment d’avoir retrouvé ma vraie nature. Bien entendu, j’ai encore besoin d’amour, comme tous les humains de la planète, j’ai encore besoin de voir des gens et de passer du temps avec mon amoureux, mais je ne cherche plus à rentrer en fusion avec les autres. En étant mieux avec moi-même, avec ma solitude, j’ai redécouvert une certaine liberté que j’avais perdue en me fondant dans l’autre. En m’aimant plus, j’attire des personnes meilleures pour moi qui me respectent et ne me font pas vivre de culpabilité quand j’ai justement envie d’être seule. (D’ailleurs, j’ai réalisé dernièrement que je suis en fait une grande introvertie. Je vous en reparlerai dans un autre billet bientôt.)
Alors, avec ce grand confinement auquel nous sommes tous confrontés, je me rends compte que j’ai fait un bon bout de chemin : je m’ennuie vraiment beaucoup des gens que j’aime, ne vous détrompez pas, mais j’apprécie aussi le ralentissement de la vie et mes longues marches avec mon fidèle Tiggydude, à regarder la nature qui changent au fil des saisons. J’ai recommencé à écrire au quotidien, à faire les choses que je faisais, toute petite, dans ma chambre aux milles créations. Même s’il est le seul humain que je vois au quotidien, je ne suis pas scotchée à mon mari pour autant, et j’ai encore toute ma tête. C’est une pas pire victoire. :)
J’ai envie de vous lire. La solitude, elle vous plaît? Elle vous effraie? Le confinement vous a-t-il amené une nouvelle perspective à son sujet?
Merci d’être là. :)



Bon j'y suis à nouveau Amélie 😉
Voici ma perception de la solitude, par le passé et celle qui est mienne aujourd'hui.
Tout comme toi, lorsque j'étais jeune, la solitude était pour moi comme un abris, au taxage que je subissait à l'école. Comme tu peux le constater, cela ne date pas d'hier, que cette situation existe.
Étant jeune, je m'accomodais très bien de ces moments seul avec moi-même ou je rêvais de toute sorte d'aventure. Je me sauvait de l'école à la récréation et allais parcourir les bois, qui faisait partie de mon environnement. À l'adolescence, j'avais quelques bons amis, mais jamais un gros groupe, car j'étais très gêné 😳.
Plus je je vieillissais, je sentais que le fait…